L’affaire Dreyfus, une République contestée
En 1894, un officier innocent est condamné pour trahison. Pendant douze ans, son sort divise la France. Comment une erreur de justice devient-elle une crise de toute la République ?
Cette leçon dure environ 15 minutes. Tu peux faire une pause après chaque partie.
Avant de commencer
Objectifs pédagogiques
- Je sais raconter les grandes étapes de l'affaire Dreyfus, de 1894 à 1906.
- Je sais expliquer pourquoi l'injustice faite à Dreyfus dure si longtemps.
- Je sais lire une une de journal et un dessin de presse de 1898.
- Je sais dire qui conteste la République entre 1870 et 1905, et comment elle tient.
Un officier accusé à tort (1894)
Une condamnation pour trahison
En 1894, l’armée découvre qu’un officier livre des secrets militaires à l’Allemagne. On accuse le capitaine Alfred Dreyfus, un officier juif. Il est innocent.
Un conseil de guerre, un tribunal militaire, le condamne. Dreyfus est dégradé en public, puis déporté en Guyane, à l’île du Diable.
Pourquoi l’injustice dure
Plusieurs raisons se mêlent. Des pièces falsifiées accusent Dreyfus. L’armée refuse de reconnaître son erreur, même devant les preuves.
L’antisémitisme, la haine des juifs, est très répandu dans une partie de la presse et de l’opinion : il explique aussi l’accusation et la violence du débat.
Chargement des questions…
La France se déchire : « J'accuse…! » (1898)
Zola accuse
Le 13 janvier 1898, l’écrivain Émile Zola publie « J’accuse…! » à la une du journal L’Aurore. Dans cette lettre au président de la République, il accuse les chefs de l’armée d’avoir fait condamner un innocent.
Zola est condamné pour diffamation et doit s’exiler en Angleterre. Mais l’Affaire est devenue un grand débat public.

Dreyfusards et antidreyfusards
Les dreyfusards demandent un nouveau procès au nom de la justice et de la vérité. En 1898, certains fondent la Ligue des droits de l’homme.
Les antidreyfusards refusent de rejuger Dreyfus, au nom de l’honneur de l’armée.

Chargement des questions…
De Rennes à la réhabilitation (1899-1906)
Gracié, pas encore innocenté
En 1899, Dreyfus est rejugé à Rennes. Il est de nouveau condamné, avec des « circonstances atténuantes ». Le président Loubet le gracie : il est libre, mais la grâce ne dit pas qu’il est innocent.
En 1906, la Cour de cassation le réhabilite : la justice reconnaît son innocence, et il revient dans l’armée.
Ce que l’Affaire met en jeu
L’Affaire, de 1894 à 1906, remet en jeu les principes de la République : la justice, l’égalité de tous devant la loi, les droits de chaque individu.
Quand la justice reconnaît son erreur, la République en sort affermie.
Chargement des questions…
Une République encore contestée (1870-1905)
Les adversaires de la République
De 1870 à 1905, la République est encore discutée et contestée. Les monarchistes veulent rendre le pouvoir à un roi. Une partie de l’Église catholique refuse une République qui écarte la religion de l’école et de l’État. Les nationalistes réclament un pouvoir fort.
1877 et 1905 : la République tient
En 1877, le président Mac Mahon dissout la Chambre des députés. Mais les électeurs renvoient une majorité républicaine, et il doit céder.
En 1905, après de longs débats, la loi de séparation des Églises et de l’État est votée : l’État ne paie plus aucun culte et garantit la liberté de conscience.
Chargement des questions…
Jeu de révision
Évaluation de fin
Pour maîtriser la leçon, il faut au moins 60 % de bonnes réponses.
Chargement de l’évaluation…
Résumé
- En 1894, le capitaine Dreyfus, innocent, est condamné pour trahison. Des pièces falsifiées, une armée qui refuse de reconnaître son erreur et l’antisémitisme expliquent l’injustice.
- En 1898, avec « J’accuse…! », Zola relance l’Affaire. La France se divise entre dreyfusards, qui défendent la justice, et antidreyfusards, qui défendent d’abord l’armée.
- Rejugé en 1899 puis gracié, Dreyfus n’est réhabilité qu’en 1906. En le reconnaissant innocent, la République place les droits de chaque individu avant la raison d’État.
- Monarchistes, une partie des catholiques et nationalistes contestent la République. Elle tient : en 1877 face à Mac Mahon, en 1905 avec la loi de séparation des Églises et de l’État.
